Vous avez pu le rencontrer lors de sa participation à la dernière Fête du livre ou lors de l’atelier de dessin pour repenser l’air de jeux rue Jacques Decour. À 35 ans, il est auteur de manga en autoédition et parle aujourd’hui de son parcours et de ses inspirations.

Amine Berhila nait et grandit à Montataire. Alors qu’il est au collège, il découvre « One Piece », le manga culte d’Eiichirō Oda et « Ninja Scroll », de Yoshiaki Kawajiri. Ces univers riches, colorés et originaux provoquent un véritable coup de cœur chez le jeune homme, et ce premier pas dans le monde du manga qui aboutira à la publication de sa propre œuvre. Passionné, il grandit en conservant son attrait pour la bande dessinée japonaise et développe son coup de crayon, jusqu’au jour où une rencontre dans sa vie professionnelle va lui donner l’impulsion dont il avait besoin pour se lancer. En effet, Amine est infirmier lorsqu’il franchit le cap de la création.
Sur son lieu de travail, il rencontre une patiente férue de manga et d’animation japonaise. Au cours de leurs échanges, il lui confiera dessiner beaucoup et être curieux du processus créatif derrière la publication d’un manga. « Je suis vraiment passionné par la création. Créer un univers, un personnage, un dialogue, c’est ça qui m’anime ». La patiente va y voir le potentiel d’une belle histoire et l’encourage à se lancer. Motivé, il lui fait la promesse de revenir la voir un jour avec un exemplaire de son livre. « Je crois profondément que tout est possible. Il ne faut pas se décourager, rien n’est perdu d’avance. »

C’est ainsi qu’à bientôt 30 ans, il s’emploie à concrétiser son rêve, celui de voir son univers prendre vie au cœur des pages d’un livre. Autodidacte, déterminé et inspiré, il écrit, dessine, scénarise tout en cumulant avec son travail d’infirmier. À force de discipline et d’investissement, « Rixe en voie d’extinction » et son personnage principal, Voggy, voient le jour, pour sa plus grande fierté. Dessiné à la main, en respectant les codes du manga mais avec une touche de personnalité qui lui est propre, le premier tome raconte comme son jeune héros se retrouve malgré lui à prendre part à des bagarres entre groupes de jeunes. L’idée n’est surtout pas de glorifier la violence, bien au contraire. L’auteur veut utiliser son univers pour éduquer les jeunes.
Pour lui, le manga peut réussir là où des formes plus institutionnelles d’éducation et d’apprentissage échouent. Son arme secrète est le plaisir de lire : « Je trouve que c’est dans le plaisir qu’on apprend des choses ». Grâce à l’humour, aux rebondissements, à des personnages auxquels on peut s’identifier, le créateur sensibilise ses lecteur·ice·s à la violence montante chez les jeunes, mais aussi à l’écologie et la cause animale, des thématiques qui lui sont chères.
Aujourd’hui, Amine Berhila a tenu sa promesse et a retrouvé sa patiente, très fière de voir qu’il est allé au bout de son projet. Cependant il ne compte pas s’arrêter là et planche déjà sur la suite des aventures de Voggy. « J’aimerais vraiment parler de faits de société, comme la cigarette électronique ». Il travaille aussi en collaboration avec des villes comme Montataire ou Villers-Saint-Paul. Durant ces projets, il inculque aux jeunes ses valeurs de paix et de conscience environnementale autour de l’art du dessin et du plaisir, les fondements de son travail.
Si vous êtes curieux·se de suivre les aventures de Voggy, Amine Berhila présente ses actualités et projets sur un compte Instagram dédié, @Voggyfluff

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